MALAISE DANS L’ÉDUCATION NATIONALE : PASSONS DU QUANTITATIF AU QUALITATIF

Publié le 3 Octobre 2011

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Il y a aujourd’hui un vrai malaise dans le métier d’enseignant, il faut l’admettre et le comprendre. L’enseignant d’aujourd’hui n’est plus l’enseignant d’il y a 50 ans, qui avait un vrai statut social, parce qu’il représentait le savoir et l’autorité, et qui gagnait relativement bien sa vie. On assiste aujourd’hui à une paupérisation du métier d’enseignant qui est inquiétante et parfois à une remise en cause de l’enseignant dans son savoir (les élèves font parfois plus confiance à wikipédia qu’à leurs professeurs). Les enseignants méritent plus de reconnaissance !

Cette réalité, la majorité l’a comprise. Il faut tordre le cou à la propagande du PS: le gouvernement n’a pas délaissé les enseignants ! Au contraire, toute la politique menée par notre majorité depuis 2007 s’appuie sur une volonté constante de revalorisation du métier d’enseignant. -- En 2010, le budget de l’Education nationale représentait 21 % du budget de l’Etat, ce qui en fait le premier poste de dépenses de la Nation : en 30 ans les dépenses par élève sont passées de 4.400 € à 8.000 € (en euros constants), soit une hausse de 80 %. -- La revalorisation du métier passe par les salaires. Nous assumons notre politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dont la moitié des gains générés sont reversés en augmentation de salaires. Depuis 2010, un enseignant débutant touche en moyenne de 153 à 259 € de plus par mois (selon qu’il est certifié ou agrégé), soit l’équivalent d’un treizième mois. -- La revalorisation passe par une redéfinition du métier d’enseignant. C’est pourquoi le gouvernement a préféré favoriser le « sur-mesure » à la « quantité ».

Halte aux idées reçues

Il n’y a pas de corrélation systématique entre nombre d’élèves par classe et réussite scolaire. La Corée du Sud, 2ème meilleur système scolaire au monde selon l’OCDE, compte 30 élèves par classe, et jusqu’à 35 élèves dans l’enseignement primaire, contre 24 élèves au collège et 22,6 élèves en primaire en France ! Sur 20 ans, selon l’INSEE, le nombre total d’enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur a augmenté (passant de 882.640 en 1990 à 944.497, soit +7%) plus vite que le nombre total d’élèves et d’étudiants (passant de 14,828 millions à 14,955 millions soit +0,8%). En clair, on est passé en 20 ans d’un enseignant pour 16,8 étudiants/élèves à 1 enseignant pour 15,8 étudiants/élèves sans que cela améliore notablement le niveau des élèves. Et le primaire comme le secondaire sont particulièrement épargnés car nous avons perdu environ 700 000 élèves entre 1990 et 2010 tandis que le nombre de professeurs continuait d’y augmenter ! Force est de constater que les problèmes dans l’Education nationale ne sont pas liés à un manque d’enseignants. La réponse de la gauche qui consiste à toujours augmenter les effectifs est donc improductive et coûteuse.

Ce que nous voulons privilégier à tout prix, c’est le « sur-mesure » de l’enseignement, le qualitatif, pour lutter contre le décrochage, plutôt que le quantitatif : plus de pédagogie individualisée, de différenciation des parcours afin qu’aucun élève ne quitte le système éducatif sans qualification, sans diplôme. L'an dernier, 180 000 élèves ont été considérés comme décrocheurs ! C’est inacceptable et nous n’inverserons cette tendance qu’en donnant la priorité à la maîtrise des savoirs fondamentaux, la valorisation de la formation par alternance ou l’accompagnement éducatif après l’école.

Ceux qui multiplient les promesses, plus démagogiques les unes que les autres sur l’éducation, mentent ! La dernière proposition de François Hollande de recréer en 5 ans les 60 à 70 000 postes d’enseignements supprimés depuis 2007 est un leurre.

-- D’abord parce que c’est une proposition qui va coûter extrêmement cher à l’Etat. Pour financer cette mesure, il faudra 2,5 milliards par an (et non pas 500 millions comme l’a mal chiffré Monsieur Hollande) et plus de 100 milliards sur 40 ans (soit grosso modo la durée d’une carrière d’enseignant) ! En période de crise, c’est infinançable. -- Ensuite parce qu’il faut dire la vérité : si François Hollande applique cette proposition, les premières victimes ce seront les enseignants. Avec un tel budget consacré à recréer des postes, la conséquence logique, ce sera un inévitable gel des salaires ! Ce n’est pas ce que nous voulons, les enseignants non plus.

Rédigé par sebastienchimot

Publié dans #Général

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